Irrigation de l’olivier et son impact sur le rendement : les points essentiels pour l’agriculteur
1. L’eau et les racines de l’olivier
L’olivier résiste à la sécheresse, mais lorsque le manque d’eau se prolonge, surtout avec la chaleur et le vent, les racines subissent un stress hydrique. L’arbre réduit alors sa croissance et sa capacité à maintenir correctement les fruits.
Avec l’irrigation au goutte-à-goutte, l’eau est apportée progressivement dans une zone déterminée du sol. Les racines actives sont davantage présentes dans les zones où l’humidité est disponible. L’objectif n’est donc pas d’apporter beaucoup d’eau, mais de maintenir une humidité suffisante et régulière en fonction du type de sol et des besoins de l’arbre.
Le travail du sol joue également un rôle important dans la conservation de l’eau. Dans les oliveraies pluviales notamment, un labour hivernal d’environ 18 à 20 cm de profondeur peut contribuer à ameublir la couche superficielle, à améliorer l’aération du sol et à conserver une partie de l’humidité, à condition d’être adapté au type de sol et de ne pas endommager les racines.
Ensuite, un travail superficiel du sol peut aider à limiter l’évaporation et à maintenir une couche superficielle meuble. Il faut toutefois éviter les labours profonds ou répétés à proximité des arbres, car les racines peuvent être proches de la surface et facilement endommagées.
Dans certaines situations, un paillage organique, à base de résidus végétaux ou de matière organique adaptée, peut également réduire l’évaporation et protéger la surface du sol contre le dessèchement. La gestion du ruissellement permet aussi de mieux valoriser les eaux de pluie au lieu de les perdre en dehors de la parcelle.
2. L’irrigation au goutte-à-goutte : comment gérer l’eau ?
Le goutte-à-goutte est l’une des méthodes les plus efficaces pour utiliser l’eau en oléiculture, car il permet d’apporter l’eau de manière progressive dans la zone racinaire. Cependant, il n’existe pas une quantité fixe qui convient à tous les oliviers.
La quantité d’eau dépend de l’âge de l’arbre, du volume du feuillage, du type de sol, de la densité de plantation, des conditions climatiques et du stade de développement de l’olivier. Il ne faut donc pas considérer, par exemple, « 500 m³/ha par irrigation » comme une règle générale. Il est préférable d’adapter l’irrigation aux besoins réels de l’arbre et à l’ETc (évapotranspiration de la culture).
Les goutteurs doivent également être répartis de manière à permettre à la zone de sol humidifiée de s’élargir progressivement avec le développement de l’arbre, plutôt que de maintenir toute l’eau dans une petite zone fixe proche du tronc.
3. L’irrigation et son effet sur la croissance et la nouaison
Une alimentation hydrique suffisante aide l’olivier à maintenir ses feuilles et à produire de nouvelles pousses. Cela est important pour la production actuelle, mais aussi pour les rameaux qui porteront une partie de la récolte de la saison suivante.
Pendant la floraison, la nouaison et le développement des fruits, un stress hydrique important peut augmenter la contrainte subie par l’arbre, affecter la fixation des fruits et favoriser leur chute dans les situations de stress sévère. L’objectif est donc d’éviter les périodes de déficit hydrique important, tout en évitant les excès d’eau et la stagnation.
Une humidité suffisante dans la zone racinaire favorise également l’absorption des éléments nutritifs, car la disponibilité et l’absorption des éléments minéraux dépendent en partie de l’état hydrique du sol.
4. Irrigation, calibre de l’olive et teneur en huile
La disponibilité de l’eau aux périodes appropriées favorise généralement l’augmentation du calibre des fruits et de leur partie charnue. Cependant, une olive plus grosse ne signifie pas forcément une augmentation proportionnelle de la teneur en huile.
Chez l’olivier, la teneur en huile du fruit dépend du cultivar, du niveau de maturité, de la charge de l’arbre et des conditions hydriques. À titre indicatif, elle peut se situer autour de 18 à 25 % du poids du fruit frais, avec des variations importantes selon le cultivar et le stade de maturité.
Pour l’agriculteur, il est donc important de distinguer le pourcentage d’huile contenu dans le fruit et la quantité totale d’huile produite par arbre ou par hectare. L’irrigation peut augmenter la production totale même lorsque la teneur en huile du fruit n’augmente pas dans les mêmes proportions.
5. Comment réussir son irrigation ?
- Ne pas attendre que l’arbre soit fortement stressé par la sécheresse avant d’apporter une grande quantité d’eau.
- Adapter l’irrigation aux conditions climatiques et au sol, plutôt que de suivre un programme fixe pendant toute la saison.
- Surveiller l’humidité du sol et la zone d’exploration des racines, notamment dans les sols sableux et légers.
- Éviter la stagnation de l’eau, car le manque d’oxygène dans la zone racinaire peut endommager les racines.
- Utiliser le goutte-à-goutte de manière régulière et adapter le nombre de goutteurs ainsi que la durée d’irrigation au développement de l’arbre.
- Conserver et valoriser l’eau de pluie grâce à un travail du sol adapté et à la réduction du ruissellement, notamment dans les oliveraies pluviales.
6. L’olivier pluvial : comment gérer le manque d’eau ?
Dans l’olivier pluvial, l’arbre dépend principalement des précipitations. Il n’existe donc pas de calendrier d’irrigation fixe applicable à toutes les exploitations. La quantité et la répartition des pluies, le type de sol, l’âge des arbres et la densité de plantation influencent tous les besoins en eau.
Pendant les années sèches, lorsqu’une ressource en eau est disponible, des irrigations complémentaires peuvent aider l’arbre pendant les périodes où le déficit hydrique devient pénalisant pour la croissance et la production. L’objectif n’est pas de remplacer entièrement les pluies, mais de réduire le stress hydrique lorsque cela est nécessaire.
- Début de l’été : si les pluies se sont arrêtées tôt et que le sol commence à s’assécher, une irrigation complémentaire peut être utile pour réduire le stress hydrique, notamment après la nouaison et au début du développement des fruits.
- Juillet et août : si la sécheresse et les fortes températures persistent, une irrigation complémentaire peut aider à réduire le stress hydrique et à soutenir le développement des fruits.
- Septembre : si la sécheresse persiste et que les fruits sont encore en phase de développement, une irrigation complémentaire peut être envisagée selon l’humidité du sol et l’état des arbres.
- Automne : après les pluies, il faut réévaluer l’humidité du sol ; si les précipitations sont suffisantes, il n’est pas nécessaire d’irriguer.
Dans les oliveraies pluviales, le travail du sol et la conservation de l’eau de pluie jouent un rôle important. Un labour hivernal d’environ 18 à 20 cm peut, dans certaines conditions, améliorer l’aération de la couche superficielle et créer une couche meuble permettant de limiter les pertes d’humidité. Toutefois, cette profondeur doit être adaptée au type de sol et à la profondeur des racines.
Un travail superficiel du sol ou l’utilisation d’un paillage organique peut également contribuer à réduire l’évaporation. Dans les parcelles présentant un risque de ruissellement, des aménagements permettant de retenir et de mieux valoriser les eaux de pluie peuvent être utiles.
Pour l’olivier pluvial, l’irrigation complémentaire doit être déterminée en fonction du déficit hydrique et non d’une date fixe. L’objectif est de valoriser au maximum les eaux de pluie, de maintenir une humidité suffisante dans la zone racinaire et d’irriguer lorsque l’arbre en a réellement besoin.
Développez votre oliveraie : chaque goutte d’eau compte
Une irrigation réussie ne consiste pas à apporter beaucoup d’eau, mais à fournir la bonne quantité d’eau, au bon moment et de la manière adaptée. En oléiculture, une bonne gestion de l’humidité par le goutte-à-goutte, associée à la conservation de l’eau de pluie et à un travail du sol adapté, permet de préserver la santé de l’arbre, d’améliorer le développement des fruits et d’utiliser l’eau avec le maximum d’efficacité.



